Il est mort vendredi, Roger Herman. Sur son vélo qu’il aimait tant. Quelque part sur la route entre Sourdeval et Montaigu-le-Bois. Une belle mort… s’il en existe. À 80 ans, qu’il venait de fêter le 21 mars, sa passion pour le vélo n’était pas encore éteinte. Et certainement pas prêt de l’être. Ainsi était-il toujours éducateur à l’école de cyclisme du CS Villedieu. « Mais il devait arrêter à la fin de cette année » rapportait dans un triste sourire, samedi, Irène, sa patiente épouse, la mère de Philippe et Régine, leurs deux enfants, qui le voyait partir, depuis des lustres, sur son vélo de course, ou vers l’organisation d’épreuves de tous ordres, bien consciente qu’il trouvait là son bonheur d’homme généreux, toujours prêt à donner.
Né au Chefresne en 1930, Roger Herman avait, dans sa jeunesse, maintes fois couru « avec Dairou, un boulanger, ou Riffault, qui était bourrelier, et d’autres Percyais » se souvient Lucien Beslon, longtemps lui aussi accro de courses. Boulanger six ans durant à Paris, puis 20 ans au Havre, Roger n’avait jamais complètement raccroché le vélo au clou. La retraite arrivée, pendant 20 ans il a pu donner de son temps et de son savoir-faire, toujours disponible, dans une discrétion totale, un gentil sourire aux lèvres. Essentiellement auprès des plus jeunes. Ainsi, pour ses 70 ans il s’était payé en cadeau original, deux courses pour des minimes et des cadets, devant sa porte !
Sur la route et sur son vélo ; au bord de la route des coureurs, Roger Herman aura vécu jusqu’au bout sa passion pour le cyclisme en mourant à vélo.
Laurent L’Hermitte, avril 2010