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Adieu Monsieur l'Instituteur

Adieu Monsieur l'Instituteur

Adieu Monsieur l'Instituteur

 

En cachette, ses élèves l’appelaient « Harry ». Jeu de mots qui les amusait, pour quelqu’un qu’ils aimaient bien, même s’il les déroutait parfois aussi. « Il avait un côté Brassens » commentait l’un d’eux, ancien élève devenu grand, affligé par la nouvelle de sa mort. « Et, il m’a fait sauter une classe ». Car il avait si bien su le captiver. Jean-Claude Cossec est décédé, qu’on porte en terre ce mercredi 14 septembre. « Adieu Monsieur le professeur » a chanté Hugues Aufray, « on ne vous oubliera jamais ». Oh si, on oublie tout. Tout s’efface. Les souvenirs comme les hommes. Les mérites aussi. Très vite, bien souvent. Même quand on a fait pratiquement toute sa carrière d’instituteur à Percy. Jean-Claude Cossec s’est effacé à sa façon, s’est mis en retrait. Rattrapé par les maux de l’âge avant l’âge. Complexe, multiple, riche, profond, incompris parfois, imprévisible encore, excessif certainement, original, et tutti quanti. « Au niveau de l’éveil, il était très bien » reconnaissait un père, ces jours derniers. Classes de neige, classes de nature, classes de mer. Ses élèves, ses gamins, il s’en est occupé sans barguigner sur ses horaires de maître d’école. Après, révolu le temps des tableaux noirs et de la craie, il est parti à pied sur les chemins de Compostelle. Après, il a milité pour Amnesty international. Deux façons de rechercher la paix de l’âme que ses ultimes années d’enseignant ne lui avaient pas apportées ? Qui sait sonder les cœurs ? « Sa mort ne me laisse pas indifférent » assurait un autre de ses anciens élèves parlant de cet homme différent. Adieu, Monsieur l’instituteur, le temps du passé dépassé est arrivé bien tôt, à 66 ans, pour « Harry » qui laisse son épouse, Sylviane, elle aussi longtemps enseignante à Percy, maintenant retirée à Montabot, et Sophie, leur fille, dans la peine.

 

Laurent L’Hermitte